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La perte d’un conjoint Par Dr Bill Webster

50/50 de chance, pour tout joueur, c’est un bon pari. Mais ne vous êtes-vous jamais arrêté à penser que si vous êtes dans une relation importante, il y a 50% de chance que vous finirez par faire le deuil de votre partenaire

Écoutez quelques-unes des histoires de gens qui ont vécu la perte d’un conjoint.

« Je voudrais aller au travail et me dire que tout est comme avant. Mais ensuite, je devrais revenir à la maison. HOU LA LA! Il suffit de marcher dans cette maison vide. Personne pour dire bonjour ou me demander comment s’est passée ma journée. Pas de délicieux arôme de souper dans le four. Je devais faire mon propre repas … quand j’avais le goût … et la plupart du temps, je ne l’avais pas … parce que ce que j’avais perdu me manquait,  … pas seulement ma femme, mais aussi la personne qui prenait soin de moi. C’est à ce moment que cela m’a frappé le plus. » Michael

« Les jours qui ont suivi sa mort étaient à la fois tout à fait remplis ou complètement vides. Beaucoup d’activités vides de sens. La plupart du temps je déambulais à travers les choses que je devais faire, si engourdi que j’étais souvent complètement inconscient de ce qui se passait autour de moi. Je me sentais comme Pinocchio a dû se sentir à l’intérieur de la baleine … coupé de tout ce que je pensais être ma vie. Puis un événement ou quelques paroles me faisaient sortir de mes ténèbres, pour me retrouver debout seul et confus sur un rivage étrange et familier, plein de sentiments et de souvenirs, mais aussi me sentir tout à fait perdu. » Robyn

« Elle était non seulement ma femme. Elle était aussi celle qui me disait si mes chaussettes étaient adaptées; si ma cravate était droite, ou si mes cheveux étaient peignés. Elle était capable de me dire avec un regard si je parlais trop ou je disais des choses stupides. Elle était celle qui se souvenait de tous les anniversaires et les occasions spéciales, et tout ce que je devais faire était de signer les cartes. Elle était bonne à toutes les choses que je ne suis pas bon. Alors, elle me complétait et m’a rendu plus entier. Dieu, elle me manque tellement. Je sens qu’une partie de moi me manque. » Joe

Un thème commun parmi les gens qui ont perdu leur conjoint est les effets effrayants de se sentir seul et incomplet. Le sentiment d’être comme si vous aviez perdu une partie essentielle de vous-même est à la fois douloureux et déroutant. Tout à coup, le monde vous apparaît différent, souvent bizarre et si loin. Vous n’êtes pas sûr de savoir comment faire face à la vie en général, et parfois vous pouvez même vous demander si vous voulez encore essayer.

Une veuve de 68 ans a déclaré: « Il est inutile d’essayer parce que de toute façon, je n’y arriverez pas. Je suis si fatiguée tout le temps. Tout est trop d’efforts. »

Certains des sentiments et des préoccupations les plus courants après la perte d’un conjoint sont reflétés dans les états suivants:

Je me sentais comme si j’avais  perdu mon meilleur ami
Je suis en colère.
Je me sens coupable de ne pas en avoir assez fait pour lui / elle.
J’ai peur.Je suis inquiète de beaucoup de choses, surtout de l’argent.
Soudain, je me sens très vieux.
Je me sens tout le temps malade.
Je pense à ma propre mort plus fréquemment.
Il me semble passer à travers une crise d’identité.
Je me sens soulagé que sa souffrance soit terminée, puis immédiatement coupable de me sentir de cette façon.

Derrière chacune de ces déclarations il y a un sentiment. Pour bien comprendre les effets que la perte de ce conjoint a sur le survivant, nous avons besoin de comprendre la dynamique derrière chacune de ces réactions. Le sentiment communique ce qui manque à la personne et offre l’occasion d’examiner le déficit et de trouver des moyens pour faire face à ces réponses d’une manière qui saura finalement faciliter la guérison.

Premièrement, il est essentiel de reconnaître que la guérison ne peut pas avoir lieu si vous n’exprimez  pas ce que vous ressentez et pensez suite à votre perte. Ce qui ne peut pas être mis en mots, ne peut pas être mis au repos. C’est l’endroit où un groupe de soutien peut jouer un rôle vital pour les personnes affligées. L’occasion de parler de la personne, de leur vie ainsi que de leur mort, ce qui vous manque à lleur sujet, vos sentiments de solitude, la colère et beaucoup d’autres, et d’examiner les derniers jours de leur vie et votre relation.

Même quand il y a une certaine ambivalence à propos de certains aspects de la vie commune, il est important de verbaliser votre colère ou votre regret à propos de ce que vous avez perdu et n’avez jamais eu, ou sur ce qui pourrait ou devrait avoir été.

Il y a de réelles conséquences à ne pas exprimer ses sentiments. Des études montrent clairement que les taux de mortalité sont plus élevés chez ceux qui ne vivent pas leur deuil, ce qui peut aussi expliquer le taux beaucoup plus élevé d’hommes qui meurent durant la même année que leur conjointe est décédée, en raison des normes de la société qui font qu’il est plus difficile pour les hommes d’exprimer leurs émotions.

Certains survivants demandent: «Combien de temps dois-je en parler? Qu’est-ce qui est normal? « Cette préoccupation est souvent motivée par le fait que, après quelques semaines ou quelques mois de la mort, d’autres semblent réticents à en parler. Après tout, leur vie est revenue à la normale. Mais la veuve ou le veuf a besoin d’en parler, parce qu’il ressent tout simplement que c’est impossible. La vie ne sera jamais «normale» (même si une nouvelle définition de la normalité sera établie par la suite). Ainsi, certaines personnes en deuil ont besoin de parler pendant six mois, mais pour d’autres il peuvent avoir besoin de deux ans ou plus. Tout le monde a besoin et mérite de suivre leur propre ligne de temps.

Au fil des années, j’ai noté quatre situations affectant particulièrement le deuil des conjoints qui nécessitent une quantité importante de courage personnel:

  1. Faire face à des souvenirs désagréables persistants
  2. Éviter certaines pièces  ou des situations dans la maison
  3. Hallucinations et situations où le conjoint décédé est vu ou entendu
  4. Composer avec les effets personnels de leur conjoint (vêtements, outils, etc.)

Les souvenirs désagréables concernent le plus souvent les images douloureuses de la mort et la frustration de ne pas être en mesure de «faire» quelque chose pour changer le résultat. Souvent, face à une maladie mortelle, une relation sera à son maximum dans un sens ou un autre … une bonne relation aura tendance à aller mieux, une mauvaise relation aura tendance à se détériorer … même si il y a d’énormes exceptions. Cette intensité de la relation avant la mort amplifie la perte, soit pour la personne qui manque toutes les choses partagées à travers la maladie ou par des sentiments de regret qu’elle n’a pas fait assez. Souvent, l’incapacité de la personne endeuillée de «laisser aller» l’image de celle-ci est connectée à un ou l’autre de ces facteurs.

Si la personne évite de dormir dans son propre lit, ou d’aller dans certaines pièces de la maison, ce comportement ne doit pas être considéré comme inhabituel ou pathologique. Elle se protège simplement contre le stress. Il y a une raison pour chaque comportement et peut-être que cet endroit est un souvenir trop douloureux de la mort, ou exprime une inquiétude quant à «comment vais-je la gérer».

Les hallucinations (ou la façon dont nous choisissons de définir ces expériences) ont un large éventail d’«explications». Est-ce une «visite de l’esprit de la personne », ou est-ce un «rappel sensoriel ». Je tente de ne pas essayer d’expliquer ce qu’il peut ou ne peut pas être, mais plutôt de me demander comment le survivant s’est senti après l’expérience. Et presque toujours, la personne se sent rassurée, soulagée, réconfortée. Si tel est l’effet, il importe peu que ce soit un rêve, une hallucination ou une visite, et de le faire valoir n’est pas important.

Composer avec les effets personnels du conjoint est quelque chose que de nombreux survivants se questionnent. Parfois, cela a à voir avec un manque d’énergie physique et d’endurance émotionnelle. Parce que ce sont «des choses spéciales » vous pouvez ne pas savoir à qui les donner ou quoi faire avec. C’est normal..

Ne rien faire jusqu’à ce que vous soyez certain que vous vous sentez à l’aise avec ce qui arrivera, même si cela prend plusieurs mois. Mais quand vous décidez, demandez à un ami ou un membre de la famille de vous aider, ou même simplement d’être là et de vous parler  pendant que vous le faites. Peut-être y aurait-il des choses que vous ne voulez tout simplement pas jeter ou donner donc gardez-les. Rappelez-vous, il ne blesse pas quelqu’un ou quelque chose de laisser les choses de votre conjoint là où elles sont. Ne laissez personne vous forcer à traiter les choses jusqu’à ce que vous soyez prêt, certain et confortable.

Jusqu’ici, nous avons examiné plusieurs des défis entourant la perte d’un conjoint.

Maintenant, nous allons examiner comment le survivant doit convertir le processus de deuil dans un processus de croissance car il cherche à reconstruire et réorganiser une vie où il sent qu’une moitié de lui est manquante.

Je crois qu’un aspect souvent négligé de la perte d’un conjoint est le changement d’identité des survivants. Nous avons tendance à nous définir par nos relations, notre travail, nos activités et nos implications. Beaucoup de couples se définissent seulement comme … un couple. Ce n’est pas moi, c’est nous. Certes, le degré de changement sera déterminé par la complexité de la relation. Mais nous ne pouvons pas vraiment comprendre ce que toute personne a perdu jusqu’à ce que nous comprenions la relation qui a été partagée et est maintenant perdue. Ce qui manque à cette relation est vraiment ce que la personne vit dans son deuil. Et, évidemment, chaque relation est unique, avec des dynamiques et interactions différentes.

Donc, il est raisonnable de dire que plus la personne était dépendante de son conjoint et de son rôle de mari ou de femme, plus le vide est grand maintenant que le rôle n’est plus là.

En d’autres mots, le conjoint survivant est non seulement affligé par la personne qui est décédée, mais par le rôle qui est perdu. Il se retrouve soudainement jeté dans le rôle d’être une «veuve» ou «veuf», un rôle qu’il ne savoure ou ne désire pas. La question qui se pose: «Qui suis-je maintenant? » Je me sens encore comme la même personne, mais mes rôles dans la famille, dans la communauté ont changé. C’est pourquoi, le conjoint en deuil va trouver du réconfort dans son retour au travail, car au moins là, son rôle reste assez « constant » dans ce contexte familier.

Écoutez les commentaires d’une veuve:

« Depuis presque un an après la mort de Jim, je me considérais seulement comme son mari. J’avais investi tout mon être en lui. Je me suis complètement investi….. Je devais penser, non, je ne lui ai pas donné tout ce que j’avais, je lui ai prêté. Maintenant, je devais le récupérer, le reprendre, parce que j’en avais besoin pour moi-même ».

Bien sûr, récupérer le soi-même est seulement possible quand vous savez qui est votre «soi» même ». Avant que vous soyez en mesure de le récupérer, vous devez identifier et redéfinir, «Qui suis-je maintenant » à la lumière de ma perte. Le N de NOUS doit devenir le M de MOI… mais tourner un N à un M signifie un sentiment très renversant, et qui est exactement ce que la personne veuve peut ressentir.

Alors, comment une veuve ou un veuf éploré peuvent-ils se redéfinir? Je pense que c’est inévitablement lié aux intérêts et aux expériences. Les gens qui s’impliquent, que ce soit dans des tâches nécessaires comme s’occuper des enfants, dans la famille ou au travail, ou par ses engagements dans la communauté, dans les groupes, les activités, trouvent que ces choses augmentent l’estime de soi et l’énergie car ils améliorent l’estime de la personne.

Parlons des côtés plus sombres. Bien qu’il soit tout à fait injuste, le veuf est souvent considéré comme plus «socialement acceptable» que la veuve. Parce que le pourcentage de veuves dépasse largement celui des veufs, les hommes sont considérés comme «éligibles» tandis que les femmes sont considérées comme une «menace». En conséquence, les invitations pour les hommes sont plus nombreuses que pour les femmes, de sorte que la vie sociale d’une veuve peut ne pas être aussi remplie.

D’autre part, parce que de nombreux hommes comptent sur leurs épouses pour organiser des activités sociales, après sa mort, il peut être difficile de sortir sans elle, de développer des habiletés sociales, ou de mettre en avant l’effort de profiter du plaisir de la compagnie d’autres personnes. Encore une fois, les clubs sociaux ou les groupes de soutien peuvent fournir un bon pont pour aider la personne à développer des compétences, ou tout au moins se sentir plus à l’aise dans de telles situations. Michael, presque un an après que sa femme soit décédée, a déclaré:

« Je pense que la différence entre la douleur d’un homme et celle d’une femme est une chose culturelle. Les hommes ne sont pas aussi sociables que les femmes. Je veux dire que j’ai des amis, mais quand nous nous assoyons pour boire un verre, nous parlons d’affaires ou de sports ou d’activités. Les hommes n’ont pas vraiment appris à démontrer leurs sentiments ou leurs émotions, et certainement pas leur vulnérabilité. Alors, quand ma femme est décédée, mes amis ne savaient pas quoi dire, comme s’ils avaient peur de me demander comment je me sentais ».

La santé physique est un autre domaine qui préoccupe beaucoup de gens. Les émotions refoulées peuvent contribuer à des symptômes physiologiques qui peuvent avoir de graves conséquences. La santé n’arrive pas seule! Elle implique l’exercice, une bonne nutrition, en évitant la consommation excessive de caféine, d’alcool ou de drogues. Certains survivants vivent sur le café ou les grignotines et mangent rarement un repas équilibré.

« La dernière chose au monde que je voulais faire était de manger. Tout le monde insistait pour me dire de « manger quelque chose » si quelqu’un était là ou me regardait, je m’efforçais de manger pour leur plaire. Mais quand j’étais seul, je ne mangeais rien. Dans le premier mois après la mort de mon mari, je perdu 20 livres. Ce n’est que lorsque j’ai commencé à marcher tous les jours avec mon voisin que mon appétit est revenu normal ».

L’insomnie est l’un des principaux symptômes résultant du deuil. Cela peut être provoqué par ce que nous faisons ou ce que nous consommons dans les heures avant d’aller au lit. Plusieurs hommes éprouvent d’autres symptômes physiques. Encore une fois Michael apporte une idée importante:

« J’ai remarqué quelques changements dans ma santé. Particulièrement dans mon estomac … douleurs, indigestions, et d’autres symptômes que je ne vais pas parler publiquement. Mon médecin m’a fait subir des tests, ce qui je pense était une bonne chose à faire, mais il a indiqué que, souvent, les hommes ont des réactions physiologiques au stress émotionnel de la douleur. Cela ne minimise pas leur importance. Peut-être qu’il est plus facile pour nous de dire: «J’ai une douleur dans mon estomac » que de dire: «J’ai une douleur dans mon cœur. » Mais quelle qu’elle soit, il est important de bien identifier le message ».

Il peut sembler étrange, mais plusieurs personnes m’ont signalé comment changer leur environnement physique a contribué à un meilleur état émotionnel. Nous devrions tous de temps en temps  regarder autour de notre environnement … à la maison, au travail. Plusieurs fois, cela peut refléter notre état émotionnel. Un environnement encombré, désordonné ou lamentable peut souvent refléter un état d’esprit. L’inverse est également vrai.

Le changement se produit généralement à l’intérieur. Plus vous vous efforcez d’améliorer votre environnement, plus il sera agréable et plaisant, plus votre santé émotionnelle sera influencée positivement.

Après la mort de ma femme, je trouvais tout le monde différent, je me suis retrouvé seul pour élever mes deux jeunes fils et je devais organiser soigneusement les environs dans ma maison afin de mieux vivre. J’avais installé plusieurs choses colorées et motivantes dans la cuisine parce que ce fut l’endroit où j’avais mes plus grands combats après sa mort. J’ai mis des affiches et des objets positifs et inspirants dans la chambre parce que c’était l’endroit où je me sentais très seul. J’avais une chambre où j’avais des photos et des objets de notre vie ensemble et quand je voulais penser à elle, c’est là que j’allais. Quand je sortais de cette chambre, je fermais la porte et me concentrais sur toutes les tâches que je devais effectuer.

Ajoutez de la couleur, égayer le lieu, ranger un espace pour vous-même, acheter une nouvelle chaise … les façons de rendre votre vie quotidienne plus agréable sont innombrables et l’impact positif sur votre bien-être émotionnel sera tangible.

Il y a bien sûr aucun point définitif au processus de deuil. Pourrons-nous jamais dire: «Je suis complètement guéri de la perte de mon conjoint»? Qui sait!

Mais comme nous nous redéfinissons; comme nous abandonnons d’ anciens rôles et en définissons de nouveaux; comme nous développons la confiance dans nos points sociaux qui répondent aux besoins personnels et coïncident avec nos intérêts de plus en plus; comme nous devenons davantage en mesure de parler de notre perte avec une plus grande facilité; que nous devenons capables d’être impliqués dans une activité sans être en proie à des souvenirs douloureux et des images, comme nous nous trouvons plus en mesure d’aller vers les autres, et ne pas avoir peur d’avoir du plaisir et même de rire; vous réaliserez que la guérison se concrétise.

Mais cela prend du temps. Comme une dame a dit:

« Une année a été un grand événement pour moi. Mais une fois que je suis passée à travers, j’ai senti que je ne devais pas regarder en arrière. Maintenant, je peux regarder en avant et voir qu’est-ce que je peux faire avec ce que j’ai laissé. Alors je me suis demandé: «Que vais-je faire avec le reste de ma vie? » Je veux faire quelque chose d’important, mais je ne suis pas exactement sûr de ce qui reste. Pour la première fois de ma vie, je peux faire ce que je veux et je prévois en faire le plus possible ».

Et pourquoi pas?

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